Comprendre les turbulences pour mieux les appréhender
Avant toute chose, il est rassurant de savoir ce que sont les turbulences. Il s’agit de variations rapides dans les mouvements de l’air que traverse l’avion. En clair, l’appareil quitte un « air stable » et rencontre des poches d’air ascendant, descendant ou des tourbillons imprévisibles. Vous pouvez imaginer cela comme le fait de rouler en voiture sur une route pleine de bosses, les secousses se font sentir mais le véhicule reste sous contrôle.
Les turbulences peuvent survenir pour différentes raisons (relief montagneux, courants-jets en altitude, orages…), et souvent sans signe avant-coureur visible, notamment dans le cas des turbulences en ciel clair.
Les pilotes ne sont que rarement surpris par ces phénomènes. Grâce aux prévisions météo, aux radars embarqués et aux informations communiquées par le contrôle aérien, ils anticipent autant que possible les zones turbulentes. Lorsque des secousses sont inévitables, l’équipage applique des procédures éprouvées : ils allument le signal « Attachez vos ceintures » et adaptent l’altitude ou la vitesse de l’avion pour minimiser l’inconfort.
Retenez bien que les avions sont construits pour encaisser des turbulences bien plus fortes que celles que l’on rencontre en vol courant. Par exemple, les ailes sont flexibles et capables de fléchir sous les rafales sans se casser. Un Airbus ou un ATR moderne peut supporter sans problème ces variations de flux d’air. Pour l’avion, les turbulences sont un léger inconfort, pas un danger.
Les seules vraies menaces liées aux turbulences concernent les passagers non attachés et les objets non rangés, qui peuvent être projetés et blesser quelqu’un. C’est pourquoi la règle d’or est de garder votre ceinture bouclée en permanence quand vous êtes assis, même si le signal est éteint. Un petit réflexe simple, mais essentiel pour la sécurité.
Ces secousses font partie du voyage aérien normal. Gardez en tête que l’avion est l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde (les statistiques le prouvent amplement) et que les équipages sont hautement entraînés pour faire face à ce genre de situation.
Maintenant que le phénomène est démystifié, voyons concrètement comment agir et rester calme quand ça bouge en altitude.
Restez en sécurité pendant les turbulences en avion
La première chose à faire lorsqu’une turbulence survient est de prioriser votre sécurité physique.
Restez assis et gardez votre ceinture attachée
Si vous êtes debout ou en déplacement dans la cabine au moment où l’avion se met à secouer, regagnez calmement votre siège le plus vite possible et attachez-vous. Dans l’idéal, restez attaché pendant tout le vol (sauf nécessité absolue) afin d’éviter d’être surpris par une secousse imprévue. Les turbulences peuvent survenir brusquement, et un passager sans ceinture pourrait être projeté vers le plafond ou contre un siège, ce qui est la principale cause de blessures liées à ce phénomène.
Rangez et sécurisez vos effets personnels
Dès que le signal des ceintures s’allume, assurez-vous que vos bagages en cabine sont correctement rangés sous le siège ou dans le compartiment supérieur. Évitez de garder des objets lourds sur vos genoux ou posés sur la tablette devant vous au moment des secousses. Un ordinateur portable, une valise cabine mal arrimée ou tout objet non attaché pourrait tomber ou être projeté et blesser quelqu’un.
Si vous avez sorti des boissons chaudes ou un repas, soyez particulièrement vigilant : une tasse de café brûlante qui se renverse à cause d’une secousse peut causer des brûlures.
Suivez les consignes de l’équipage
Ce conseil peut sembler évident, mais il est essentiel. Lorsque les pilotes prévoient des turbulences à venir, ils préviennent les hôtesses et stewards, qui eux-mêmes informent les passagers et veillent à ce que tout le monde soit attaché. Écoutez attentivement leurs instructions : si l’on vous demande de rejoindre votre siège ou de ranger votre tablette, faites-le sans attendre. De même, si un membre d’équipage vous demande de ressaisir un objet ou de changer de place pour des raisons de sécurité, coopérez immédiatement.
Gardez à l’esprit que l’équipage est là pour votre sécurité avant tout. Le personnel navigant de Chalair, comme ailleurs, est formé pour faire face à toutes les situations, turbulences comprises. Leur expérience leur permet de garder leur sang-froid et de vous guider vers les bons comportements à adopter.
Évitez de vous déplacer inutilement pendant le vol
Durant une zone de turbulence, il vaut mieux reporter vos allées et venues dans la cabine. Si possible, ne vous levez pas pour aller aux toilettes tant que l’avion n’a pas retrouvé son vol stable. Si c’est urgent ou si vous êtes surpris alors que vous n’êtes pas assis, déplacez-vous avec précaution en vous tenant aux dossiers des sièges ou aux poignées pour garder l’équilibre. Les mouvements brusques de l’avion peuvent déséquilibrer même les plus agiles, donc avancez doucement, pas à pas, jusqu’à regagner votre siège.
Astuces pour voyager plus confortablement malgré les secousses
Si les turbulences vous inquiètent, il est possible d’anticiper en amont et de prendre quelques mesures pour améliorer votre confort et réduire le stress.
Choisissez votre siège à l’avance
Saviez-vous que toutes les places dans l’avion ne se valent pas face aux turbulences ? Les sièges situés au niveau des ailes ont l’avantage d’être dans la zone la plus stable de l’appareil. C’est l’endroit où l’on ressent le moins les turbulences, car l’avion pivote moins à son centre de gravité. À l’inverse, à l’arrière de la cabine, les mouvements peuvent sembler amplifiés. Si les secousses vous angoissent, privilégiez donc un siège au plus près des ailes, voire vers l’avant de l’appareil. Cela réduira la sensation de « tape-cul » pendant les chahuts aériens et peut vous rassurer un peu.
Par ailleurs, choisissez l’emplacement où vous vous sentez le plus à l’aise psychologiquement : certains voyageurs anxieux préfèrent le hublot pour voir l’horizon, d’autres se sentent mieux côté couloir pour ne pas se sentir coincés.
Portez une tenue confortable
Des vêtements amples et agréables vous aideront à vous relaxer durant le vol. En cas de turbulence, vous serez content de ne pas être gêné par un jean trop serré ou une ceinture qui comprime le ventre.
De même, gardez une petite laine à portée de main : le stress peut donner des sueurs froides, puis la climatisation de l’avion vous rafraîchir d’un coup…
Voyagez léger côté estomac
Il est généralement déconseillé de prendre un repas trop lourd ou trop arrosé juste avant et pendant le vol, surtout si vous appréhendez les turbulences. Un repas copieux ou trop gras pourrait renforcer une éventuelle sensation de nausée en cas de fortes secousses. Préférez un repas léger avant d’embarquer.
De même, limitez les boissons excitantes ou déshydratantes : l’alcool et le café, par exemple, peuvent accentuer le stress ou rendre votre organisme moins tolérant au remuement. À la place, hydratez-vous régulièrement avec de l’eau pendant le vol. Avoir suffisamment bu aide à éviter le mal de tête et maintient un meilleur équilibre physique face au stress.
Gardez votre calme et gérez votre stress en vol
Rester zen en plein ciel, c’est possible, même si vous êtes de nature anxieuse. Les turbulences ont beau être impressionnantes, gardez toujours à l’esprit qu’elles ne menacent pas la sécurité de l’avion.
Respirez et détendez-vous progressivement
Lorsque l’avion se met à trembler, il est normal de sentir votre cœur s’accélérer ou vos mains devenir moites. Pour reprendre le contrôle, concentrez-vous sur votre respiration. Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre, puis expirez doucement par la bouche. Répétez ce cycle plusieurs fois. Une respiration lente et profonde envoie un signal de calme à votre corps.
Vous pouvez aussi pratiquer une détente musculaire progressive : décrispez vos épaules, vos mâchoires, relâchez vos poings… En relâchant physiquement vos tensions, vous aidez votre mental à se détendre.
Parlez-vous intérieurement de manière rassurante. Par exemple, rappelez-vous que « tout va bien, c’est juste des trous d’air, ça va passer ». Ces petites techniques de relaxation peuvent sembler anodines, mais elles font vraiment la différence pour rester maître de soi.
Relativisez
Rappelez-vous que les turbulences, même impressionnantes, ne font pas tomber les avions. Les pilotes les considèrent comme des éléments normaux du vol, au même titre que les vagues pour un marin. Dites-vous bien que si la situation était réellement dangereuse, l’équipage serait en train de prendre des mesures d’urgence bien plus visibles. Or, la plupart du temps, que se passe-t-il en zone de turbulence ? Les pilotes se contentent de ralentir un peu l’allure, et les hôtesses suspendent le service le temps que ça passe. Rien de plus. L’avion n’est pas en difficulté. Il vole juste dans un air un peu agité, et cela finit toujours par s’arrêter.
Concentrez-vous sur le caractère temporaire de l’événement : la plupart des turbulences ne durent que quelques secondes à quelques minutes.
Parlez-en à l’équipage ou à vos voisins
Si malgré tout le stress monte trop, ne restez pas seul avec votre angoisse. N’hésitez pas à faire part de votre malaise au personnel navigant. Les hôtesses de l’air et stewards sont formés pour vous rassurer et vous aider à gérer votre peur. Ils pourront par exemple vous expliquer ce qui se passe, vous dire où en est la zone de turbulences et combien de temps elle pourrait durer, ce qui met souvent les passagers plus anxieux en confiance. Parfois, échanger quelques mots avec un membre d’équipage suffira à vous apaiser : leur calme et leur sourire sont communicatifs. De même, si vous voyagez à côté d’une personne bienveillante (ami, conjoint ou même un inconnu compatissant), discuter un peu peut vous changer les idées.
Exprimer son inquiétude à voix haute permet de la relativiser. Vous verrez que souvent votre voisin vous répondra avec une anecdote ou une phrase du type « Je prends l’avion souvent, ça secoue toujours un peu ici, mais ça va aller ».
Envisagez une aide médicale si nécessaire
Dans les cas d’aviophobie sévère, certaines personnes ont recours à des solutions médicales (médicaments anxiolytiques prescrits par un médecin) pour réussir à prendre l’avion. Ce type de recours doit rester un dernier ressort, mais sachez qu’il existe. Si vos réactions de panique en vol sont intenses malgré toutes les techniques précédentes, parlez-en à votre médecin en amont du voyage. Il pourra éventuellement vous prescrire un léger calmant pour vous aider le jour J. L’important est d’anticiper : ne prenez jamais de médicament pour la première fois juste avant de voler sans avis médical, et ne combinez pas alcool et sédatifs. Dans tous les cas, essayez d’abord les méthodes naturelles de relaxation. La satisfaction de surmonter sa peur sans béquille chimique est inestimable.
Rappelez-vous que vous n’êtes pas seul. Beaucoup de voyageurs éprouvent de l’appréhension en avion, notamment pendant les turbulences. Il existe d’ailleurs des stages « peur en avion » animés par des pilotes ou des hôtesses spécialisées, qui peuvent vous aider à vaincre progressivement cette anxiété.
En suivant ces conseils, vous saurez désormais quoi faire en cas de turbulence en vol et comment réagir de façon sereine. Retenez bien que les turbulences sont un phénomène naturel du voyage en avion, fréquent et sans gravité pour l’appareil. Il suffit d’adopter les bons réflexes de sécurité (s’asseoir, s’attacher et attendre calmement) pour éliminer tout danger pour vous-même. Pour le reste, c’est surtout une question de gestion du stress et d’état d’esprit : en comprenant ce qui se passe et en appliquant nos astuces (respiration, communication…), vous arriverez à dédramatiser ces secousses passagères.
Suivez les consignes, faites confiance aux pilotes et essayez de rester zen. Vous verrez, les turbulences se terminent souvent aussi vite qu’elles sont apparues. Quelques instants ou minutes plus tard, le vol reprend son cours paisible comme si de rien n’était.
Ne laissez pas la peur des turbulences gâcher votre plaisir de voyager. Des centaines de vols secoués arrivent à bon port chaque jour sans encombre. Vous aussi, prenez l’avion en toute confiance : attachez votre ceinture, respirez un bon coup, et laissez-vous emmener vers votre prochaine destination avec le sourire. Bon vol, et profitez du voyage même si ça remue un peu !